- Au col du Granon
Au col du Granon, nous avons vécu, à deux – une paire de gonzesse bien trempée – quatre mois. Cabane du bas entre les mélèzes et le poêle et les bougies. Claude a mis une balle dans la tête de la chèvre malade. Les framboises du bois ont toutes été mangées. Cabane du haut à 2300 mètres d’altitude, à la lueur de la pleine lune. Le troupeau se coupe. L’armée s’entraine la nuit et chante. On compte : 1598 brebis. Caravane et tente à 2500 mètres, en lampe frontale. Trois naissances sur le biais. Titine grandit. Le ciel est d’or. Le loup est dehors. On fait un feu. Et il neige un après-midi de juillet. L’éleveur a tordu le cou à la poule: quelqu’un est venu mystérieusement lui couper ses plumes et cela l’a rendu folle. Et puis il y a quelques années de ça, un berger s’est pendu, juste là. Oui, là. Sur l’échelle qui donne l’accès à mon lit. Enfin, c’est ce qu’ils disent, en bas.
Merci à tous ceux qui sont venus partager avec nous un peu de cette aventure.
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- Montagne en pleine estive
Chamouse est jaune et bleue. Cette montagne douce domine une vallée qui ne connaît qu’un seul berger. Petit hémisphère entre la Drôme et les Hautes-Alpes, poussiéreuse après ses mois sans pluie, elle a accueilli pour cette estive nos pas. Qui peut dire qui d’elle ou de nous a été accompagné par l’autre, marchant ensemble, pour le temps d’une heure, de cinq mois d’alpage, ou même d’une vie ?














- JOur de FoIre
La deuxième édition du Jour de Foire a eu lieu à Aurel, le 1er et 2 mai. Une trentaine de jeu et également le train Fantôme ont égayé et effrayé petits et grands.













- Alméria, Andalousie
Croisière sur les côtes andalouses, vers Alméria et dans la réserve du Cabo de Gata.





- L’échelle à 2 temps




Julia Guillaud et Sophie Berger présentent leur spectacle « l’Echelle à deux temps » au festiv’art de Grenoble, en avril.




- MAD MAX II
Mad Max, seconde édition. Toujours sur le site de Aurel, dans la Drôme.













- LES « MARIO » DU CARAMANTRAN
La compagnie du Caramantran fait défiler ses marionnettes à l’occasion du Carnaval de Roman, dans la Drôme.














- SUR LES ROUTES
Un départ d’une traite, une aile d’avion casse la ligne d’horizon, tout au bout la lune grossit. On part au début de l’hiver pour se retrouver au printemps, une nuit pour un changement de saison.
Avec une arrivée entre les débordements de la ville, je retrouve Buenos Aires.

Il est cinq heures du matin, la lumière pointe sur le haut plafond d’une chambre d’hôtel de style année trente.

On quitte la ville prendre l’air des routes. Sur chaque bord un autel « Gauchito » pour protéger les routards laisse traîner au vent ses tissus rouges et des bouteilles d’eau en plastique.
En bus, les longues heures qui traversent le continent.
Un Gaucho nostalgique a fait de son salon un musée.
Son fils et sa petite fille non loin de leur maison attendent que les chevaux trouvent leur chemin.
En voyage, une fin de journée à regarder derrière la vitre, immobile.
Un couple de Chiloé dans leur baraque branquebalante sur piloti me regarde.
La marée aussi, de ce côté-ci.
Les pêcheurs discutent un dimanche après-midi, sous la pluie de Quemchi.

Si on reprend la route c’est bien qu’elle nous parle.
Les couleurs primaires pour égayer le gris de ce coin pluvieux du monde, à Puerto Montt.
Les églises en bois colorés et leur cimetière bourré de fleurs en plastique, à chaque coin de rue, témoin de l’influence jésuite du XVIIe et XVIIIe siècle.
Quemchi, en fin de journée.
Le bleu d’un soir.
Le jaune d’un matin.

Le rouge des rues de Castro.
- PORTRAITS CHILIENS
Nous avons passé l’après-midi à chercher les « brujitas », les sorcières des légendes de Chiloé. Grasiosa et sa petite fille nous ouvrent la porte de chez elles. Le poêle chauffe malgré les températures estivales, on cuit quelque chose pour les bêtes. Son sourire lumineux, sans plus une dent, me raconte une vie simple.

Elle file la laine.

Elle vend des beignets en faisant du porte à porte. Elle ne dit rien en attendant qu’on veuille bien lui adresser la parole.

Le couple du restaurant « El Chejo » de Quemchi, connu des voyageurs des quatre coins du monde, ne fait pas mentir la légende de son hospitalité. C’est une destination.
El viejo. Qui boit son pisco à neuf heures du matin.
Ils sont sortis de leur petite maison par curiosité, pour faire la conversation, pour gratter au ciel un ou deux sourires.
La vendeuse d’algue.
- ECRITURE DE TÔLE
C’est à force de traîner sur les pontons des marinas qu’on côtoie d’autres mondes. Le môle des bateaux de pêche regorge de ces petits trésors, parchemin du temps dont l’écriture à même la tôle raconte des histoires veilles comme les débuts de nuit en mer et les aubes des retour les cales pleines. Cet univers où les embarcations se reproduisent jusqu’à déborder de la mer dort et s’éveille aux rythmes des lunes et des marchés. On y resterait des heures à caresser le temps et l’espace d’une paume toute émaillée d’éclats de peintures et de bout de rouille. Si les attaches laissent leur empreinte de sel et de chocs, la mer polit, dessine, livre une peinture douce.




- TURQUIE – Gocek
Croisière aux milles baies, dans celle de Gocek. Plongeon dans la Méditerranée, toujours trop court.








- MAD MAX I
Il existe certains lieux à l’énergie particulière, dirait-on. Est-ce donc ça ? Aurel, dans la Drôme, le chapiteau d’Aurel, possèderait-il ce truc magique qui fait qu’on puisse lancer en l’air une idée et qu’elle retombe en cent fois plus grande sur ses pattes de devant ? C’est ainsi que naissent et vivent les idées, des plus géniales aux moins sages et qu’un jour déboulent, bam, bim, boum, les potes des quatres coins de Rhône-Alpes pour créer de toutes pièces un nouvel univers. Récup et bonne volonté, bonne volonté et récup, une semaine à sept, deux jours à vingt pour interpréter MAD MAX trente ans après la sortie du film. Cambouis jusqu’aux oreilles pour cette fois-ci, les garçons s’amusent à jouer à la voiture géante. Spectacle de flamme et ronflement des moteurs, lutte des genres pour un même pétrole, concert technno et hard core, crêtes rouges et explosions…Un ou deux de leurs vieux rêves viennent de passer dans le monde des vivants.

































