Au col du Granon

Au col du Granon, nous avons vécu, à deux – une paire de gonzesse bien trempée – quatre mois. Cabane du bas entre les mélèzes et le poêle et les bougies. Claude a mis une balle dans la tête de la chèvre malade. Les framboises du bois ont toutes été mangées. Cabane du haut à 2300 mètres d’altitude, à la lueur de la pleine lune. Le troupeau se coupe. L’armée s’entraine la nuit et chante. On compte : 1598 brebis. Caravane et tente à 2500 mètres, en lampe frontale. Trois naissances sur le biais. Titine grandit. Le ciel est d’or. Le loup est dehors. On fait un feu. Et il neige un après-midi de juillet. L’éleveur a tordu le cou à la poule: quelqu’un est venu mystérieusement lui couper ses plumes et cela l’a rendu folle. Et puis il y a quelques années de ça, un berger s’est pendu, juste là. Oui, là. Sur l’échelle qui donne l’accès à mon lit. Enfin, c’est ce qu’ils disent, en bas.

Merci à tous ceux qui sont venus partager avec nous un peu de cette aventure.

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